Hantavirus : qu’est-ce que la souche des Andes ?

L'ANTISÈCHE. Après la mort de trois personnes à bord du MV Hondius, la souche des Andes inquiète alors que 22 cas contacts ont été enregistrés en France. Cet hantavirus est le seul à se transmettre en hommes.
Marianne Lecach13/05/2026

Photographie d'illustration. SIPA / © Mourad Allili
L’évolution de l’hantavirus est surveillée de près par les autorités. Une Française de 65 ans a été rapatriée dans l’Hexagone après avoir contracté la souche des Andes à bord du bateau de croisière MV Hondius – où trois personnes sont mortes de la maladie. Selon la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, cette passagère a été hospitalisée et se trouve actuellement « en réanimation dans un état grave ». En plus de ce cas confirmé, 22 cas contact ont été identifiés et hospitalisés en France.
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Parmi les 38 souches d’hantavirus répertoriées — dont Puumala, Séoul, Nova ou Landiras — celle des Andes est la seule à pouvoir se transmettre entre humains. Peu répandue en Europe, elle a été identifiée pour la première fois dans les années 1990 en Argentine et au Chili, au cœur de la cordillère des Andes, d’où vient son nom. Elle appartient à la famille des hantavirus touchant généralement certains rongeurs sauvages. L’animal excrète le virus dans son urine, sa salive et ses déjections. L’être humain est généralement contaminé en inhalant des particules virales dans des espaces fermés ou mal ventilés, comme des cabanes, des entrepôts, des refuges forestiers ou des maisons inhabitées.
La souche des Andes reste rare mais serait particulièrement redoutable. Le taux de mortalité chez les humains s’élève à entre 35 % et 40 %, selon les études et les régions. Cette variante peut provoquer des symptômes grippaux : fièvre, douleurs musculaires, maux de tête, fatigue intense voire nausées ou diarrhées… L’état d’une personne malade peut ensuite évoluer en une forme sévère de « syndrome cardiopulmonaire à hantavirus » – une maladie attaquant brutalement les poumons et le système cardiovasculaire. Ni vaccin, ni traitement antiviral spécifique n’existent pour soigner ou limiter la propagation du virus. La prise en charge repose essentiellement sur les soins intensifs et l’assistance respiratoire précoce.
Vers une pandémie ?
Les contacts rapprochés et prolongés avec une personne contaminée jouent sans conteste un rôle. Entre 2018 et 2019, la souche des Andes a frappé le village argentin d’Epuyén. L’épidémie serait partie d’une fête d’anniversaire réunissant une centaine de personnes. Sur 34 cas enregistrés, 11 participants sont morts et plusieurs chaînes de transmission humaines ont été identifiées. Les autorités argentines avaient alors imposé des quarantaines, l’isolement des cas contact et interdit les rassemblements.
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Pour l’heure, les autorités sanitaires restent prudentes quant à une possible pandémie. Mardi 12 mai, le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a fait savoir que le risque d’épidémie à l’échelle mondiale restait « faible », même si la situation « peut évoluer ». De « nouveaux cas » pourraient apparaître, en raison de la « longue période d’incubation » de la souche des Andes pouvant prendre jusqu’à six semaines.

