Loyalistes et Rassemblement unis pour 2026 : le camp de la France passe à l'offensive

Rendez-vous ce mardi 18 heures au Bamboo, à Dumbéa. Les Loyalistes et le Rassemblement-LR lancent officiellement leur campagne provinciale autour d'un mot d'ordre limpide : forts et unis. À cinq semaines d'un scrutin décisif pour l'avenir du territoire, les principaux partisans du maintien dans la France serrent les rangs et passent à l'attaque.
Un front commun pour le 28 juin
Les Républicains calédoniens de Sonia Backès, Générations NC de Nicolas Metzdorf, le Rassemblement-LR d'Alcide Ponga et le Mouvement populaire calédonien de Gil Brial porteront des listes communes en province Sud comme en province Nord. L'appel est lancé aussi vers les Loyauté, pour offrir partout une véritable alternative au camp indépendantiste.
C'est plus qu'un accord électoral, c'est un acte politique fondateur. Ces quatre formations représentent l'essentiel des Calédoniens attachés à la France, ceux qui ont dit non trois fois lors des consultations d'autodétermination de 2018, 2020 et 2021. Les voir aligner enfin un dispositif commun, à l'heure où le scrutin se profile dans un contexte institutionnel sans précédent, donne à la base loyaliste ce qu'elle attendait : une force de frappe à la hauteur de l'enjeu.
Un scrutin pas comme les autres
Ce 28 juin ne sera pas une élection provinciale ordinaire. Reporté trois fois depuis 2024, le scrutin se tiendra finalement hors du cadre de l'accord de Bougival, dont la transcription constitutionnelle a été rejetée par l'Assemblée nationale le 2 avril. Tout l'édifice patiemment bâti depuis 2025 pour offrir à la Nouvelle-Calédonie un statut renouvelé au sein de la République s'est effondré à Paris, victime d'un Parlement plus préoccupé de ses propres convulsions que du sort du Caillou.
Le corps électoral, lui, a été marginalement élargi aux natifs , entre 10 000 et 11 000 personnes concernées. Une avancée arrachée par Sébastien Lecornu dans son allocution du 8 mai. Maigre lot de consolation après l'échec parlementaire, mais lot de consolation tout de même.
Une responsabilité historique
Deux ans après les émeutes de mai 2024, qui ont coûté quatorze vies et causé au moins 240 milliards de francs de dégâts, le territoire vote dans un climat où tout reste fragile. La reconstruction matérielle avance lentement. La reconstruction politique, elle, est suspendue à ce scrutin.
Une victoire claire du camp loyaliste, c'est la garantie que la voix de ceux qui veulent rester français pèsera dans les négociations qui s'ouvriront en juillet, comme l'a confirmé Sébastien Lecornu. C'est la condition pour qu'un nouveau pacte institutionnel se construise sur des bases équilibrées, et non sous la pression d'un FLNKS qui se croirait en position de force.
L'enjeu est immense. Les Calédoniens attachés à la France ont une responsabilité historique : transformer cette union en victoire dans les urnes. Mardi soir, au Bamboo, la campagne commence. Le 28 juin, elle se conclura.

