Les agriculteurs sortent du silence avant le scrutin

À quelques semaines d’un scrutin décisif, les acteurs du terrain haussent le ton.
Face aux incertitudes économiques, le secteur primaire refuse d’être relégué au second plan.
Une pression politique assumée à l’approche du scrutin
À mesure que les élections provinciales du 28 juin approchent, les attentes se multiplient et se structurent. Le monde agricole, souvent oublié dans les grandes promesses électorales, décide cette fois de se faire entendre avec fermeté.
La Chambre d’agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie (CAP-NC) a pris l’initiative d’adresser un courrier aux futurs élus. Une démarche claire, assumée, qui traduit une volonté de replacer le secteur primaire au cœur des priorités politiques.
Ce document ne se limite pas à un simple appel. Il s’accompagne d’un ensemble de propositions concrètes, organisées autour de huit grandes thématiques. Au total, une trentaine de requêtes structurées, issues du terrain, qui traduisent les réalités vécues par les agriculteurs, les pêcheurs et les professionnels de la filière.
Dans un contexte marqué par les tensions économiques et les défis d’approvisionnement, la CAP-NC insiste sur un point central : la sécurité alimentaire n’est plus une option, mais une nécessité stratégique. L’objectif est clair, et il dépasse les clivages politiques : garantir la capacité du territoire à nourrir sa population sans dépendre excessivement de l’extérieur.
Ce message intervient dans un climat où les discours idéologiques ne suffisent plus. Les professionnels attendent désormais des actes, des engagements précis et mesurables. Le courrier envoyé aux candidats constitue ainsi un test grandeur nature de leur crédibilité.
La souveraineté alimentaire comme priorité locale
Derrière cette mobilisation, une idée forte s’impose : produire localement, consommer localement, protéger durablement les filières. Le slogan « Mangeons local ! », porté par la CAP-NC et ses partenaires, s’inscrit dans une logique de bon sens que beaucoup jugent aujourd’hui incontournable.
La crise des chaînes d’approvisionnement mondiales a rappelé une réalité brutale : dépendre de l’extérieur fragilise les territoires. En Nouvelle-Calédonie, cette prise de conscience se traduit par une volonté de renforcer les capacités locales de production.
La CAP-NC appelle ainsi les futurs élus à soutenir activement cette ambition. Cela passe par des politiques publiques claires, des investissements ciblés et une vision de long terme. L’agriculture et la pêche ne doivent plus être considérées comme des secteurs secondaires, mais comme des piliers de la stabilité économique et sociale.
Les demandes formulées couvrent des enjeux variés : modernisation des infrastructures, accompagnement des producteurs, amélioration de la compétitivité, ou encore simplification administrative.
Autant de leviers indispensables pour redonner de l’attractivité à ces métiers essentiels.
Dans un contexte où certains discours tendent à minimiser l’importance des filières traditionnelles, la CAP-NC rappelle une évidence : sans production locale forte, il n’y a ni indépendance ni résilience.
Cette ligne s’inscrit dans une vision assumée, attachée à la valorisation du travail, du territoire et du savoir-faire.
Une stratégie ambitieuse pour 2026-2027
Au-delà de l’interpellation politique, la CAP-NC ne se contente pas de dénoncer ou de réclamer. Elle agit. En parallèle de ce courrier, elle déploie une stratégie structurée pour les années 2026-2027. Une feuille de route ambitieuse, articulée autour de 24 projets concrets.
Ces initiatives se veulent transversales et opérationnelles. Elles visent à répondre aux défis immédiats tout en préparant l’avenir. L’objectif est de bâtir un modèle durable, capable de résister aux chocs économiques et climatiques.
Parmi les axes prioritaires, on retrouve le développement de filières locales solides, l’innovation dans les pratiques agricoles et la montée en compétence des professionnels. La logique est claire : investir aujourd’hui pour garantir la souveraineté de demain.
Cette stratégie traduit également une volonté de responsabilisation. Plutôt que d’attendre uniquement des décisions venues d’en haut, la CAP-NC montre qu’elle est prête à prendre sa part dans la transformation du secteur.
Mais cette dynamique ne pourra porter ses fruits sans un soutien politique fort. Les futurs élus sont donc face à leurs responsabilités. Ils devront choisir entre des promesses abstraites et un engagement concret en faveur du territoire.
Dans ce contexte, le message du monde agricole est limpide : il est temps d’agir, sans détour, sans posture, et avec une vision claire. Car derrière les chiffres et les projets, il y a une réalité simple : assurer l’avenir alimentaire de la Nouvelle-Calédonie est une question de souveraineté, de bon sens et de volonté politique.

