INFO JDD. LFI : le terroriste dont Rima Hassan et Thomas Portes masquent l’identité

Résumé IA
Ali Alaraj, présenté par LFI comme un réfugié palestinien détenu sur la seule foi d’informations israéliennes, est mis en examen pour trois qualifications terroristes. Une note de la DGSI le décrit comme un ancien responsable des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, et son statut de réfugié lui a été retiré. Rima Hassan et Thomas Portes, qui ont visité le détenu, n’évoquent pas ces éléments.
Présenté par LFI comme un réfugié palestinien emprisonné sur la seule foi d’informations israéliennes, Ali Alaraj est mis en examen sous trois qualifications terroristes. Une note de la DGSI le décrit également comme un ancien responsable d’une ramification des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa.
Lara Tchekov 11/09/2026

Rima Hassan et Thomas Portes. © Dimitar DILKOFF / AFP
Une phrase, quelques photographies et un récit soigneusement construit. Le 25 mai dernier, Rima Hassan publie sur X plusieurs clichés de sa visite, aux côtés notamment du député insoumis Thomas Portes, dans une maison d’arrêt du Val-d’Oise. L’eurodéputée explique être venue rencontrer « Ali, un Palestinien qui avait obtenu le statut de réfugié en France », emprisonné depuis deux ans « sur la seule base d’informations envoyées par Israël ». Elle dénonce des accusations provenant de « l’État colonial israélien ». Dans ce message, le détenu n’est désigné que par son prénom. Les raisons précises de son incarcération, elles, ne sont jamais mentionnées.
Derrière « Ali » se trouve en réalité Ali Alaraj, également connu sous le nom d’Abou Amir. Originaire du camp de Balata, à Naplouse, en Cisjordanie, cet homme est mis en examen des chefs d’association de malfaiteurs terroriste, de financement d’une entreprise terroriste et de complicité de tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, selon les éléments recueillis par le JDD. Ces qualifications donnent à son incarcération une tout autre dimension que celle présentée par les élus insoumis. Dans leurs prises de parole publiques, ni Rima Hassan ni Thomas Portes ne font état de ces lourds soupçons formulés dans le cadre d’une procédure judiciaire française.
Une note de la DGSI transmise à l’Ofpra
Le dossier ne s’arrête pas aux seules qualifications pénales. Dans une note blanche transmise à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, la Direction générale de la sécurité intérieure revient sur le parcours supposé d’Ali Alaraj. Celui-ci serait « un ancien chef de section des Faucons du Fatah, ramification des brigades Al-Aqsa », écrivent les renseignements français. Cette note établit également que le passé d’Ali Alaraj a fait l’objet d’une évaluation par les services français. Transmise à l’Ofpra, elle a précédé le retrait de son statut de réfugié en février 2025.
Les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, issues du Fatah, figurent sur la liste antiterroriste de l’Union européenne. Dans une enquête publiée en juillet 2024, Human Rights Watch les compte également parmi les cinq groupes armés palestiniens ayant participé aux attaques du 7 octobre 2023, notamment à partir de vidéos tournées pendant les massacres. Si aucun élément consulté par le JDD ne permet d’associer Ali Alaraj à ces attaques, ce rappel éclaire en revanche la nature de l’organisation au sein de laquelle la DGSI estime qu’il aurait exercé des responsabilités.
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À la lumière de ces éléments, la mobilisation des dirigeants de La France insoumise prend un relief particulier. Dès octobre 2025, Jean-Luc Mélenchon apparaît sur une photographie tenant une affiche réclamant « Liberté pour Ali ». Là encore, le document présente un « réfugié palestinien emprisonné en France sur accusations israéliennes depuis mai 2024 ». Là encore, aucune mention n’est faite du financement présumé d’une entreprise terroriste, de la complicité présumée de tentatives d’assassinat ou de la note de la DGSI.
La visite effectuée quelques mois plus tard par Rima Hassan et Thomas Portes prolonge ainsi un récit déjà installé : celui d’un homme poursuivi en France à la seule initiative d’Israël. Le droit des parlementaires à visiter un détenu n’est pas en cause. Leur droit à contester la procédure, la fiabilité des renseignements recueillis ou le maintien en détention provisoire ne l’est pas davantage. Mais encore faudrait-il présenter l’ensemble des éléments du dossier.


