Backès conclut en force avec une pluie de réformes

Une mandature hors normes s’achève, dans un climat encore marqué par les crises successives.
Mais pour la province Sud, l’heure n’est pas au bilan nostalgique : elle est à l’action et à la projection.
Une fin de mandature historique sous tension
Ce mardi 2 juin marque la dernière assemblée de la province Sud, clôturant une mandature exceptionnelle de sept années, bien au-delà du cycle institutionnel habituel. Une longévité politique rare qui inscrit durablement Sonia Backès dans l’histoire de la collectivité, devenant la dirigeante ayant exercé le plus longtemps depuis Jacques Lafleur à la tête de la « maison bleue ».
Dans un contexte calédonien encore fragilisé par les crises économiques, sociales et politiques, cette ultime séance n’a rien eu d’un simple exercice de clôture. Elle s’est imposée comme un moment stratégique, révélateur d’une ligne politique assumée : agir, investir et structurer plutôt que subir.
Loin des postures d’attentisme, la majorité provinciale a examiné une série de délibérations concrètes, couvrant des domaines essentiels comme la jeunesse, l’emploi, l’agriculture, l’environnement et l’éducation. Une approche globale qui traduit une volonté claire : soutenir directement les habitants et renforcer la résilience du territoire.
Jeunesse et pouvoir d’achat : un levier concret et assumé
Au cœur de cette session, l’extension du dispositif Clic & Mouv’ s’impose comme une mesure emblématique. Déjà largement plébiscité par les familles, ce programme permet aux jeunes d’accéder à des activités sportives, culturelles et artistiques à tarif réduit.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 9 200 jeunes bénéficiaires lors de la dernière saison, pour un impact économique de plus de 106 millions de francs CFP injectés dans le tissu associatif local. Une réussite tangible, loin des discours abstraits.
Désormais, ce dispositif s’ouvre aux étudiants de moins de 26 ans poursuivant leurs études en Nouvelle-Calédonie, soit un potentiel de 3 000 bénéficiaires supplémentaires. Une extension financée dans le cadre de la solidarité républicaine de l’État, qui répond à une réalité souvent occultée : la précarité étudiante et l’isolement social.
En facilitant l’accès aux loisirs et à la vie associative, la province Sud fait le choix d’un investissement utile, qui favorise à la fois le bien-être, l’engagement et la réussite des jeunes. Une politique pragmatique, loin des logiques d’assistanat stérile.
Autre innovation notable : l’ouverture aux communes d’un partenariat permettant d’apporter une aide complémentaire. Une démarche de proximité qui renforce l’efficacité du dispositif et responsabilise les acteurs locaux.
Investissements, emploi et agriculture : une stratégie offensive
Sur le front économique, la signature d’un partenariat avec Business France marque un tournant stratégique. En s’adossant à cet opérateur public présent dans plus de 50 pays, la province Sud se dote d’un outil puissant pour attirer les investisseurs internationaux.
Grâce à l’accès à la plateforme One Team, le territoire pourra désormais promouvoir ses projets auprès d’entreprises en quête d’implantation. Une démarche proactive, essentielle dans un contexte de concurrence mondiale accrue.
Dans le même temps, la collectivité a renouvelé son engagement envers les demandeurs d’emploi, en adaptant la convention de délégation de compétence au nouveau cadre du service public de l’emploi. Un choix clair : maintenir un accompagnement de proximité et éviter toute rupture dans le suivi des publics fragiles.
Du côté agricole, la province renforce son soutien aux éleveurs à travers l’évolution du dispositif DISPPAP. Désormais, les aides à l’achat de reproducteurs locaux deviennent annuelles, et le soutien s’étend au matériel génétique. Objectif : améliorer la diversité des troupeaux et renforcer la souveraineté alimentaire.
Une vision de long terme qui tranche avec les politiques de court terme, et qui répond aux enjeux concrets du monde rural calédonien.
Environnement et éducation : préparer l’avenir sans renoncer
Sur le plan environnemental, la province Sud confirme son engagement en renouvelant son partenariat avec l’Office français de la biodiversité pour la période 2026-2030. Cette convention multipartite associe également l’État et les autres provinces, autour d’actions déjà concrètes.
Parmi elles, la restauration de la forêt sèche, la préservation des mangroves de Ouémo ou encore la mise en place d’un conservatoire botanique. Des initiatives qui démontrent qu’écologie et action publique peuvent aller de pair, sans tomber dans l’idéologie punitive.
En matière d’éducation, deux axes structurants ont été actés. D’abord, le développement de la culture du risque dans les écoles primaires publiques de Nouméa, avec une ambition d’extension à l’ensemble du territoire. Une mesure de bon sens dans un environnement exposé aux aléas naturels.
Ensuite, le renouvellement du partenariat avec le vice-rectorat pour garantir la continuité des espaces numériques de travail dans les collèges publics. Un enjeu clé pour moderniser l’enseignement et réduire les inégalités.
Enfin, Sonia Backès a tenu à saluer la qualité des débats au sein de l’assemblée, ainsi que la résilience du personnel administratif, fortement sollicité durant les périodes de crise.
Dans une Nouvelle-Calédonie encore fragilisée, cette dernière assemblée trace une ligne politique claire : celle d’une collectivité qui refuse le déclin, assume ses responsabilités et agit concrètement pour ses habitants.
(Crédit photo : province Sud)

