Journée mondiale du vélo : deux roues pour changer le monde

3 juin, la planète enfourche son vélo. C'est le 12 avril 2018 que l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté à l'unanimité la résolution proclamant le 3 juin Journée mondiale de la bicyclette, soutenue par le Turkménistan et cinquante-six autres pays. Une reconnaissance tardive pour un engin qui, depuis deux siècles, n'a cessé de prouver son utilité et son élégance.
Un véhicule, des vertus
La Journée mondiale de la bicyclette attire l'attention sur les avantages de l'utilisation du vélo, un moyen de transport durable, simple, abordable, propre et respectueux de l'environnement. La bicyclette contribue à assainir l'air, à réduire les embouteillages, et rend l'éducation, les soins de santé et d'autres services sociaux plus accessibles aux populations les plus vulnérables.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : environ 50 % des trajets urbains effectués en voiture font moins de 5 kilomètres, une distance facilement réalisable à vélo. Et le vélo émet jusqu'à 30 fois moins de CO₂ par kilomètre parcouru qu'une voiture thermique. Sans compter les bénéfices pour la santé : selon l'OMS, l'utilisation régulière du vélo réduit le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète et d'obésité.
Un outil d'égalité et d'émancipation
Le vélo n'est pas qu'un sport ou un loisir de citadin. Des organisations à but non lucratif exploitent le pouvoir du vélo pour relever des défis sociaux : l'UNICEF, par exemple, a développé des programmes pour fournir des vélos à des jeunes filles en Afrique afin de faciliter leur accès à l'école. Un simple deux-roues peut changer une trajectoire de vie.
Dans des pays comme les Pays-Bas ou le Danemark, le vélo représente plus de 30 % des déplacements quotidiens, grâce à des décennies d'investissements dans les infrastructures et une culture du cyclisme profondément ancrée. Un modèle que beaucoup de villes du monde cherchent aujourd'hui à reproduire.
En Nouvelle-Calédonie, une pratique en plein essor
Sur le Caillou, le vélo gagne du terrain à la fois comme loisir et comme mode de déplacement. À Nouméa, le Schéma directeur des modes actifs de 2019 prévoit la mise à disposition de plus de 80 kilomètres de pistes cyclables à l'horizon 2039, avec déjà 28 kilomètres aménagés et sécurisés. L'objectif est de créer un réseau continu reliant les écoles, les équipements sportifs et les zones commerçantes.
Au-delà de la ville, la Nouvelle-Calédonie offre un terrain de jeu exceptionnel pour les amateurs de vélo : pistes balisées dans le Grand Sud, boucles VTT à Bourail avec plus de 170 kilomètres de tracés, mangrove de Ouémo pour les familles, et paysages côtiers à couper le souffle le long du lagon. Chaque année, le Tour de Calédonie attire les locaux et les concurrents internationaux sur des routes qui serpentent des paysages urbains de Nouméa aux chemins de terre autour des mines de nickel.
La culture du vélo est encore en construction sur le territoire, dans un contexte où la voiture reste reine. Mais les mentalités évoluent, portées par les enjeux environnementaux et le coût de la vie. Pédaler, c'est aussi une façon de reprendre un peu de souffle dans tous les sens du terme.

