Le nickel ne se fera pas sans les communes

Résumé IA
Alcide Ponga, membre du gouvernement en charge des mines et de l'énergie, effectue une tournée dans les communes minières pour échanger avec les élus et les coutumiers. Les discussions portent sur la fiscalité, la compétitivité, l'emploi et la réglementation, avec une collaboration engagée avec l'Union européenne.
Le nickel ne se pilote pas uniquement depuis les bureaux de Nouméa. Alcide Ponga est allé le rappeler là où la mine fait partie du quotidien, avec une exigence simple : des chiffres sur la table avant les grands discours.
Des bassins miniers qui ne se ressemblent pas
Alcide Ponga, membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en charge des mines et de l'énergie, a pris la route. Il se rend dans les communes minières pour rencontrer les maires, les autorités coutumières et les acteurs locaux, et y parler de l'avenir du nickel et de l'énergie.
Thio et Kouaoua ont ouvert la série. Cette semaine, c'était au tour de Houaïlou, avant Canala ce vendredi 11 septembre. Dès la semaine prochaine, le membre du gouvernement se rendra dans les communes minières de la côte Ouest.
Il ne s'agit pas d'une tournée de circonstance.
L'exécutif veut installer un lien durable, régulier et constructif avec les communes, les autorités coutumières et l'ensemble des acteurs du secteur. D'un côté, il s'agit d'écouter les réalités, les inquiétudes et les propositions du terrain. De l'autre, il faut rendre compte en toute transparence de l'avancement des dossiers miniers, métallurgiques et énergétiques.
Selon le gouvernement, les échanges menés jusqu'ici avec les élus et les coutumiers ont été particulièrement constructifs. Les sujets n'ont pas manqué.
Emploi et insertion des jeunes, formation, retombées économiques de la mine, développement local, diversification : tout y est passé. Les discussions ont aussi porté sur les infrastructures, l'aménagement, l'environnement et l'évolution future de l'activité.
Le constat est lucide. Les réalités changent d'une commune à l'autre et d'un bassin minier à l'autre. Les réflexions conduites à l'échelle de la Nouvelle-Calédonie doivent pouvoir en tenir pleinement compte.
La méthode revendiquée tient en une phrase : partager les constats, objectiver les données, écouter les acteurs, puis construire collectivement les réponses. C'est une approche de bon sens, qui préfère les faits aux slogans.
Fiscalité, compétitivité, réglementation : les chiffres d'abord
Un dossier a pesé lourd dans les échanges : la fiscalité minière et métallurgique, et plus largement ce que la filière génère réellement.
Alcide Ponga a présenté l'état des travaux de consolidation en cours. Leur but est de dresser une cartographie claire des dispositifs fiscaux et des flux liés à la mine et à la métallurgie.
L'enjeu dépasse la technique comptable. Il faut mesurer le poids réel de la filière dans l'économie calédonienne et identifier chacune des contributions qu'elle produit. Il faut aussi comprendre comment ces contributions sont réparties et vers quoi elles sont fléchées.
Le gouvernement veut ainsi disposer d'éléments consolidés et objectivés. Ils serviront ensuite à éclairer les réflexions sur la contribution de la mine au développement des communes minières et de leurs habitants. Sur un terrain aussi sensible, partir des données plutôt que des ressentis n'a rien d'anodin.
Les rencontres ont aussi permis de présenter les autres piliers du travail engagé.
Le premier est la compétitivité. Le contexte international a été profondément transformé, et la Nouvelle-Calédonie doit réunir les conditions pour continuer à valoriser durablement sa ressource. L'objectif affiché est de préserver une activité minière et métallurgique qui crée de la valeur et des emplois.
Le volet sociétal en est indissociable. Il couvre la place des populations et des communes dans le développement minier, l'emploi local, la formation des jeunes et leur insertion. Il inclut aussi la diversification économique et la préparation de l'avenir des bassins miniers. Tous ces sujets ont été abordés avec les élus et les autorités coutumières.
Reste la réglementation minière. Le cadre doit continuer à s'adapter aux réalités de la filière et aux enjeux actuels. Il doit sécuriser l'activité et veiller aux intérêts du pays, des communes concernées et de leurs populations.
Bruxelles et l'énergie, deux leviers pour le nickel calédonien
Le nickel calédonien intéresse au-delà du Pacifique. Les échanges ont été l'occasion de faire le point sur la collaboration engagée avec l'Union européenne autour des matières premières critiques.
Cette dynamique prolonge notamment le déplacement d'Alcide Ponga à Bruxelles en mai. Plusieurs rencontres y avaient renforcé le dialogue avec les institutions européennes sur la place de la Nouvelle-Calédonie dans les chaînes de valeur des matières premières critiques. Depuis, le travail se poursuit avec un cap clair : la signature d'un Memorandum of Understanding (MoU) entre la Nouvelle-Calédonie et l'Union européenne.
Ce partenariat aurait vocation à ouvrir de nouvelles perspectives de coopération sur le nickel et les matières premières critiques. Il pourrait porter sur l'investissement, la transformation, la recherche, l'innovation, les compétences et la transition énergétique, tout en valorisant les spécificités du nickel calédonien. Pour un territoire français du Pacifique, peser dans ces chaînes de valeur stratégiques n'est pas un détail.
L'énergie, elle, s'est naturellement imposée dans ces rencontres.
Plusieurs questions touchent directement les habitants, les communes et les entreprises : le coût de l'électricité, la sécurisation de l'approvisionnement, l'évolution du mix énergétique, le développement des renouvelables et la maîtrise des coûts de production. Elles conditionnent aussi la compétitivité de l'industrie métallurgique et, plus largement, la réflexion sur le modèle économique de la filière nickel. D'où le choix de traiter mines et énergie ensemble, en recueillant sur les deux sujets les attentes propres à chaque commune.
Alcide Ponga assume cette ligne.
L'avenir du nickel et de l'énergie ne peut pas se construire sans les communes, les autorités coutumières et les populations qui vivent quotidiennement les réalités de ces activités, affirme-t-il.
Il évoque une méthode de travail qu'il souhaite « maintenir dans la durée ». Ses sujets vont de la fiscalité aux partenariats extérieurs, en passant par la compétitivité, la réglementation, les enjeux sociétaux et l'énergie. Sur tous ces dossiers, il appelle à avancer collectivement, « avec une vision claire de l'avenir » voulu pour la Nouvelle-Calédonie.
Les enseignements de ces rencontres nourriront directement les travaux du gouvernement. La présence sur le terrain doit ensuite devenir un dialogue permanent avec l'ensemble des communes et des acteurs du secteur minier.
La ligne est posée : faire en sorte que la valorisation des ressources calédoniennes serve durablement le développement économique et social du pays, en y associant ceux qui vivent la mine au quotidien.
(Crédit photo : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie)


