« Notre maison a brûlé »

C'est tellement sensible pour notre famille.
Le matin du 12 mai 2024, j'ai pris la route pour rejoindre notre équipe médicale à Païta. En partant ce matin-là, j'étais trop contente que ma poubelle ait survécu.
J'ai soigné, comme toujours, mes patients sans discrimination dans mon cabinet de Païta.
Le retour sur Nouméa : des feux en bord de route. Un feu au coin de ma maison, rue Paul Bert, comme à chaque rond-point du quartier.
Cette nuit-là a été tragique.
Sincèrement, j'en parle maintenant : nous avons eu la peur de notre vie.
Ils ont fait le siège au croisement juste en bas de chez nous. Nous avons prévenu notre voisin. Il n'a pas pu franchir les barrages pour protéger les biens de leur couple.
La pression est montée : ils ont mis le feu à mon portail.
La maison voisine était complètement en feu vers 2 heures du matin.
Cette nuit-là, je ne savais pas si ma voisine résidait encore dans son petit logement.
Nous avons essayé de résister, de parler avec nos agresseurs. Ils étaient trop saouls et excités.
Nous avons eu l'énorme chance d'être ex-filtrés cette nuit-là, juste avec nos papiers d'identité et notre petit chien.
Encore merci aux forces de l'ordre. Sans eux… ???
Ma maison a été incendiée et pillée.
Tous les souvenirs. Les photos de notre famille partis en fumée. Je tenais beaucoup à ces albums.
Après, je remercie les amies et amis, et les anonymes qui nous ont permis de nous reloger et de nous habiller, tout simplement.
La vie continue, et j'ai confiance en l'avenir.
Dans mon cabinet, on est dans le vivre-ensemble face à la maladie.
Rien n'a changé pour nous.
Tous unis pour guérir.
Une habitante de Nouméa, professionnelle de santé

