« Une simple image suffit »

Je me permets d'écrire, le cœur lourd.
Je suis une de ces employées d'un des grands magasins de sport partis en fumée ce 13 mai 2024.
Aujourd'hui, deux ans après les émeutes qui ont bouleversé notre pays, revoir cette photo de notre grand magasin en feu me fait profondément mal.
Ce jour-là, comme beaucoup de Calédoniens, je me suis demandé : de quoi sera fait notre lendemain ?
Comment, en seulement quelques heures, tout ce qu'on avait construit a pu partir en fumée. Et cette expression, « partir en fumée », n'était plus une image : c'était réel.
Je n'ai toujours pas vraiment les mots pour décrire ce que l'on a ressenti. Mais revoir cette photo aujourd'hui ravive quelque chose de très fort. Une douleur. Un choc. Une incompréhension, aussi.
Aujourd'hui, j'ai conscience d'avoir de la chance. Mon entreprise a réussi à rebondir, à se relever malgré tout. Et je me sens chanceuse, parce que beaucoup d'autres entreprises, beaucoup d'autres familles, n'ont pas eu cette possibilité.
Il reste des blessures qu'on ne voit pas forcément. Et parfois, une simple image suffit à tout faire remonter.
Une employée du commerce, Nouméa

